Espace, Image, Texte / De quelques déserts


C’est en février et mars 2006 que la galerie | etc à Genève a présenté mon exposition de photographies d’architecture. Ce travail portait (et porte encore) sur l’imaginaire que procurent les bâtiments vides, tels des paysages intérieurs. Architecture industrielle, de logement ou commerciale; en construction, à l’abandon ou en réhabilitation. Intitulées De quelques déserts elle n’est que la première partie d’un travail de plus longue haleine: Mes déserts.

La contemplation d’un paysage apaise et fait rêver, surtout quand celui-ci est intérieur. Ainsi ces lieux qui seront habités, qui ne le sont déjà plus ou qui attendent de l’être à nouveau, composent Mes déserts, le travail en cours que je mène. Patiente recherche photographique et poétique sur l’architecture en construction, à l’abandon ou en réhabilitation.

Ma volonté photographique s’inscrit dans l’histoire de la libre relation entre architecture et photographie – l’architecture étant espace et la photographie surface, la lumière mariant les deux. Et si la photographie est au service de l’architecture, l’architecture s’offre généreusement à la photographie. Ainsi se crée un dialogue où la photographie devient elle-même le paysage à contempler et l’architecture un hypothétique souvenir.

Cette recherche oscille entre la tradition documentaliste et l’affranchissement du souci détailliste de la photographie d’architecture des magazines. Loin du reportage, puisque je ne date ni ne situe les prises de vue, les images se libèrent ainsi du temps et de l’espace communs pour permettre à ceux du spectateur de prendre place. Sans désir d’objectivité photographique – le rapport à la réalité n’étant pour moi que circonstanciel – je propose un imaginaire entre l’idée d’une réalité matérielle et une réalité photographique affabulatrice.

Lors du vernissage, une longue bande sonore, réalisée par Olivier K. et Joël K., répondait à l’écho des spectateurs, amplifiant leur présence et leur doute sur la présence des autres. Des bruits, des sons et des musiques peu communs dans une galerie s’ajoutaient au brouhaha des visiteurs pris entre le jeu de la mondanité et celui de la découverte sensorielle.

Les pièces, horizontales et verticales, de grand format (100×145 cm), montées sous verre acrylique recto/verso, offraient aux spectateurs, par la brillance de leur matière, leur propre reflet. Ainsi, dans un environnement assombri où seul le public est éclairé, celui-ci vient habiter par sa virtualité spectrale les lieux photographiés.

Après cette exposition (qui peut être remontée en tout temps), je continue d’arpenter le paysage architectural à la découverte de bâtiments s’offrant à mes pérégrinations photographiques et poétiques. Ainsi déjà plusieurs lieux ont été visités et d’autres attendent encore de l’être dans ce World in progress.

 

 

 

 

 

 

 

Prise de vue noir et blanc analogique 135; tirage numérique RVB monochrome (encre à pigments); montage sous verre acrylique recto/verso; cadre aluminium au verso; format 100 x 145 cm (vertical et horizontal).

Numérisation: Cédric Bregnard (technichrome.ch). Tirage: Roger Plaschy (labophoto.ch). Montage: Ted Support (tedsupport.ch).

Neuf pièces uniques. Prix de vente CHF 3000.- chacune hors frais de port et d’emballage.

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